Parfois des gens réapparaissent dans votre vie. Il vous semble alors que tout un pan de votre enfance va réapparaître, et vous paniquez. Normal. Les souvenirs ne sont pas toujours les plus agréables traces d'un passé.
Il se trouve pourtant que vous avez un petit espoir, là au fond du c½ur, dans un recoin sombre, une lumière flotte dans l'air, bleutée, et vous murmure : et si tout pouvais recommencer ?
Ce refrain, doux à l'oreille, vous met une pression soudaine, une tension joyeuse, excitée, mais méfiante de peur d'être décu. Vous avez en effet envie, très fortement, de retourner en arrière, de déjouer le temps, de vous transformer en un Lapin Blanc qui, toujours pressé entre 2 montres, réussirait enfin à s'en séparer.
Vous êtes tentée de retisser le lien qui s'était bâti entre vous deux, et ce désir est effrayant dans sa puissance.
Puis tout à coup, c'est le Grand Jour. La lumière se fait, et vous brûle les pupilles. Vous mettez une main devant vos yeux pour atténuer cette vérité blanchâtre et sadique qui s'offre à votre regard. Des larmes pointent au bout de vos cils bruns, et vous retenez votre souffle. Vous ne voulez pas faire couler ces larmes du réveil de l'insouciance, vous vous retenez de pleurer comme un petit enfant à qui on aurait montrer trop vite comment la vie d'adulte était faîte. La vie était-elle toujours aussi dure ? Oui. La personne retrouvée du passé, n'est en fait que le souvenir malheureux de mauvais instants, mais également revient comme la mort vous hanter. Et cette lumière bleutée qui flottait au fond de votre être n'était que l'espoir puéril d'un enfant qui s'imagine qu'il pourra à nouveau jouir des mêmes amusements que l'enfant. Maman, je peut avoir ma poupée ? Tu es trop grande ma chérie. Grandir, oui, mais pas trop vite. Le temps s'en occupera bien assez.